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Educateur canin à domicile, ou l’éducation
canine moderne :
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Pour des raisons sociologiques le
rôle du chien a changé, et il m’a, il y a 22
ans, semblé opportun de proposer et de travailler à
un nouveau type d’éducation, plus adapté aux
besoins « modernes ».
A mon sens, les vétérinaires-comportementalistes,
les éducateurs et autres psychologues ou éthologues
(la surenchère de la dénomination prête à
sourire) se décalent des besoins et prêchent dans le
désert, en instaurant un dialogue de sourds, s’ils
ne prennent pas en compte que pour la majorité des maîtres
le chien est plus qu’un chien et qu’il faut raisonner
et travailler différemment et intégrer qu’on
ne peut rien si on n’épouse pas parfaitement les lignes
du concept chien du point de vue du maître.
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Pour modifier cette alchimie a priori inconciliable parce
que contre-nature, (nature du chien/anthropomorphisme), et créatrice
d’une vaste palette de problèmes, mettre le doigt sur des
paramètres presque intimes, m’a paru indispensable.
Et où mieux cerner ces paramètres que dans le milieu ambiant
?
C’est pourquoi, depuis 1986, j’exerce à temps complet
le métier d’éducateur canin, exclusivement au domicile (maison, jardin,
quartier, centre ville, campagne etc.) de mes clients. Quotidiennement
je suis amené à observer, écouter, conseiller et traiter toutes sortes
de problèmes comportementaux aux origines extrêmement diverses.
A l’inverse des vétérinaires comportementalistes,
qui analysent des comportements à la suite d’observations
ou de consultations réalisées dans des cabinets
aseptisés, mais aussi à l’inverse des clubs de
dressage (qui font généralement du bon travail, mais qui
conviennent plus à des cynophiles avertis, motivés et
souvent épris de concours), je m’introduis dans le milieu
ambiant, poste d’observation privilégié.
La richesse d’informations recueillies lors de l’entretien initial, puis
au fur et à mesure de l’éducation, permet d’optimaliser les résultats.
Inversement, l’ignorance due au non accès au milieu ambiant tend à uniformiser
les méthodes et thérapies et à affecter les résultats.
Bien sûr, lors de l’entretien, est pris en compte la subjectivité des
comportements des maîtres et aussi des chiens « se sentant concernés ».
Mais il y a toujours les indications objectives non travesties. Celles-ci
concernant la « maison/territoire » et la « famille/meute ».
Si l’animal n’a pas accès à la maison, les cas d’anthropomorphisme et
d’hyper attachement sont rares et les problèmes évoqués sont plus souvent
d’ordre matériel ou relatifs au voisinage (fugue, aboiements, dégradation
du jardin, etc.).
Au contraire, si l’animal est intégré à la maison, l’implication affective
est souvent bien plus forte et l’anthropomorphisme plus fréquent. Les
problèmes rencontrés sont plus axés sur des sociopathies (mauvaises hiérarchies,
agressivités intra espèce), anxiétés de séparation, hyperactivités etc.
Enfin, les mêmes troubles du comportement étant plus « dérangeants »,
plus visibles, à la maison, ils feront davantage l’objet de plaintes qu’en
extérieur.
La disposition intérieure (bibelots fragiles exposés ou non), la propreté
de la maison, renseignent sur la délicatesse du chien et sur la tolérance
des maîtres.
Visualiser le ou les emplacements que le chien s’est choisi, indique
son degré de contrôle de l’espace.
Des dégâts de grattages au niveau des issues de sorties (portes, fenêtres)
orientent un diagnostic de sociopathies ou d’anxiété de séparation s’ils
sont éparpillés.
Des photos du chien ou des chiens précédents, exposées un peu partout,
trahissent une implication affective forte, etc.
Le type de portail peut aussi expliquer un problème souvent à l’origine
de ma venue, celui du chien qui ne garde pas du tout. Une ouverture automatique
commandée de l’intérieur, émousse rapidement un instinct de garde pourtant
présent au départ. Il permet aux étrangers d’accéder librement (sans les
maîtres) sur le territoire.
La configuration et la nature du voisinage sont intéressantes aussi, et
à prendre en compte, etc.
Il est frappant également de constater les
contradictions entre les différents membres de la famille
concernant la description du comportement du chien. J’observe
rarement une description homogène. Il y a presque toujours
à l’intérieur du groupe les défenseurs et
les accusateurs. Les tensions à l’occasion de
l’entretien sont très fréquentes, et
révélatrices d’incohérences riche
d’enseignements pour moi.
Il y a aussi ceux qui accordent à l’entretien une attention extrême et
franche et ceux qui affectent un air détaché, souvent pour masquer le
malaise que ma présence dans leur intimité et mes questions parfois embarrassantes
induisent. J’ai remarqué qu’ils s’avèrent ensuite et progressivement les
plus consciencieux, les plus studieux.
La prédominance des femmes dans la prise de
décision de faire appel à un éducateur canin,
m’incite à penser que la situation d’échec
dans l’éducation du chien est souvent perçue de la
part de l’homme comme une atteinte à sa virilité...
Si les meilleurs résultats sont obtenus par des maîtres vivants seuls
avec leur chien (moins d’incohérences, plus de disponibilités et lien
affectif très développé parce qu’exclusif), il m’apparaît troublant que
les personnes seules ont, dans une écrasante majorité, un chien de sexe
opposé ! Relations ambiguës...
Quant au chien substitut d’enfant, il constitue une part essentielle de
mes revenus.
Pour parvenir à satisfaire au mieux l’ensemble des demandes, il me faut
combattre les idées reçues ancrées chez les maîtres, et prélever ce qu’il
y a de malléable chez eux et chez leur chien et travailler sur cette matière,
leur mutuelle malléabilité, ma matière première, qui va déterminer mes
méthodes d’apprentissage ou d’extinction des mauvais comportements. Et
tous les éléments fournis par l’observation du milieu ambiant vont m’aider
à personnaliser l’éducation du chien, à l’adapter à son environnement
et à son mode de vie. Mais avant cela, il va me falloir trier, hiérarchiser,
recouper ces informations sans lesquelles les tâtonnements seraient inévitables
et nuiraient lourdement aux résultats.
Ne pas se tremper dans l’atmosphère du chien et malgré tout, faire les
bons ajustements (c’est à dire ceux qui tiennent compte des subtiles particularités
inhérentes à chaque cas, qui distinguent le possible de l’idéal),
j’avoue en être incapable.
Ne pas essayer de mettre à sa sauce le chien qui pourtant s’y prête tout
à fait (et qui n’attend peut-être que ça), c’est dur et frustrant, mais
cette abnégation est impérative. Céder à la tentation de « montrer
son talent » sur le chien est stupide et stérile, cette tentation
doit glisser sur l’éducateur canin moderne.
Voilà (brièvement) ma conception et ce qui la motive, de l’éducation
canine moderne.
Dominique Perrot.
Concept d’obéissance :
Des chiens qui obéissent pour faire plaisir douce illusion anthropomorphique.
Pour se faire plaisir, éventuellement, si les ordres envoyés exigent des
réponses recherchées par les chiens ! Mais le concept d’obéissance
induit une notion de contrainte, et dans le cas que je viens de citer,
pas de contraintes, donc pas d’obéissance.
L’obéissance est majoritairement vécue comme une contrainte, puisqu’elle
consiste à obtenir un comportement donné à un moment où le chien, de lui-même
ne l’aurait pas eu. Donc, c’est le frustrer, et dans la frustration, pas
de plaisir.
La preuve, c’est la sanction potentielle, plus que la récompense, qui
« motive » les chiens en phase de dressage et d’éducation. Et
même si le moyen est la récompense, la fin reste identique, imposer sa
volonté.
De la à penser qu’obéissance et castration mentale marchent ensemble,
il y a un pas que je ne franchirai pas.
Sanctionner un mauvais (de notre point de vue) comportement pour en permettre
de plus agréables (de leur point de vue), doit exonérer de remords le
« punisseur », puisque c’est pour le bien du puni.
Exemples :
Pas sauter sur les invités lui permettra de rester avec eux.
Revenir à l’appel lui permettra d’être en liberté.
C’est l’obéissance gratuite, la plus répandue, qui est cruauté.
Organisation sociale et hiérarchie :
De sa qualité dépend l’obéissance, puisqu’un chien se percevant d’un
rang hiérarchique supérieur à celui de son maître n’acceptera aucune contrainte
de ce dernier.
En conséquence, asseoir solidement votre ascendance
hiérarchique est la première étape de
l’éducation, concomitante de l’enrichissement, plus
communément appelé socialisation. Ensuite seulement,
l’éducation à l’obéissance peut
être abordée.
C’est donc autour de ces trois axiomes que va se concentrer mon travail.

« Je veux qu’il revienne quand je l’appelle
! »
Réflexions à propos du rappel, etc.
(Je n’ai pas la prétention ou la naïveté
de voir dans ces réflexions sur le rappel la résolution
de ce dernier (la complexité de ce sujet fait chimère cette
ambition), mais juste un éclairage pour aider à épurer
ce qui peut le polluer, ce qui de mon point de vue, peut être utile).
Considérations générales.
Se poser la question du rappel amène à se poser la question : « Comment
pense le chien ? ».
Il mémorise des situations et des comportements induisant des sensations,
positives ou négatives.
Les comportements qui produisent des satisfactions auront tendance à se
reproduire et les situations associées à des satisfactions auront tendance
à être recherchées. Inversement les comportements producteurs de désagréments
auront tendance à disparaître tout comme les situations désagréables,
à être fuies. Enfin, les comportements générateurs d’aucune sensation
se produiront fortuitement et les situations « neutres » ne
feront l’objet ni de recherches, ni de fuites.
Ces principes conditionnent grandement l’obtention du rappel.
Pour autant, je considère que le rappel s’obtient naturellement, et qu’il
ne devrait pas faire l’objet d’un travail particulier. Si c’est le cas,
des erreurs ont été faites (j’y reviendrai).
Les interactions de chiens d’une même meute, sont à peu près exemptes
de rappels, à l’exception des hurlements rassembleurs et des postures
d’invitations au jeu éventuellement. Par conséquent, s’en inspirer pour
l’obtenir n’est guère possible.
Il semble que sa fonction n’est pas où très peu, vitale pour la cohésion
du groupe et sa survie, l’attraction sociale suffit.
C’est donc la domestication et l’utilisation du chien qui ont créé cette
nécessité.
Conditions préalables au rappel :
Idéalement et dans l’optique d’un bon
rappel, il convient de créer sitôt l’acquisition (8
semaines), l’attachement (au sens affectif, pas à une
chaîne). Ça consiste à se substituer à sa
mère et concrètement, à être le seul membre
de la famille à interagir avec le chiot (soins, repas, caresses,
pré éducation, etc.), qui s’endormira
imprégné de l’odeur de l’être
d’attachement (vêtement). Cet attachement exclusif est
nécessaire à son développement
cérébral et n’est possible qu’avec un chiot
de moins de 3 mois. Pendant cette période, et pour en revenir au
rappel, à l’occasion de promenades en liberté dans
des lieux inconnus, profiter d’une distraction du chiot et se
cacher doit le conduire à paniquer laissez-le paniquer un bon
moment, puis réapparaissez et fêtez ça. Cette
panique naturelle va renforcer le lien et favoriser les rappels futurs.
A ce propos, lorsque vous promenez votre chien et qu’il
s’éloigne, lui tourner le dos (de face, même
immobile, le chien « croit » que vous allez
à lui, sa perception visuelle très bonne
latéralement, est passable en profondeur), changer brutalement
de direction etc. vont l’obliger à plus d’attention.
Dans le même soucis ( le rendre attentif), soyez muet, votre voix
le rassure quant à votre proximité et ne renforce donc
pas sa vigilance.
Bref, l’attachement est une des conditions essentielle au rappel.
Bien sûr, il doit être suivi du détachement (vers l’âge de 4 mois) pour
qu’il ne développe pas des névroses du type anxiété de séparation plus
tard. Le détachement, en deux mots, consiste à partager les interactions
avec le chiot, entre tous les membres de la famille et de mettre fin à
l’exclusivité. Je sais, c’est dur mais c’est pour son bien.
En amont de cette période d’acquisition (8 semaines), c'est-à-dire chez
l’éleveur, le contexte d’élevage dans lequel le chiot va se développer,
vont avoir des conséquences sur la qualité des futurs rappels.
Une mère peu maternelle ou écartée de ses chiots
en dehors des repas, induira des autocontrôles non acquis et un
développement de l’homéostasie sensorielle non
réalisé (c'est-à-dire que ses capacités
futures à adapter ses comportements en fonction des variations
de l’environnement et à avoir des réponses
appropriées seront absentes et remplacées par des
réponses stéréotypées, inopérantes,
ou bien encore sera à l’origine
d’hyperactivité et d’hypersensibilité qui se
définissent par une absence de séquence
d’arrêt, donc pas d’instants de disponibilité
(voir plus loin). Les conséquences sur le rappel de ces
névroses sont assez évidentes pour n’être pas
plus détaillées.).
Un milieu d’élevage pas ou peu enrichi favorisera des névroses de type
syndrome de privation (peurs incontrôlables), car ne permettant pas un
correct enrichissement précoce, les chiots qui en seront issus développeront
des peurs rendant les rappels inopérants dans des contextes phobogènes..
Une faible imprégnation, ou pas assez étendue, induira dans certaines
situations des réflexes de fuites incompatibles avec de bons rappels etc.
Cas particulier
Pour certains maîtres (plus nombreux qu’on l’imagine), le problème du
rappel ne se pose pas et ne se posera jamais. Ils ne lâcheront en aucun
cas leur chien. Souvent des expériences antérieures traumatisantes (chiens
écrasés etc.), expliquent leur définitive aversion au lâchage, et la question
quasi philosophique, vivre longtemps ou vivre pleinement peut se poser.
Mais ça n’est pas l’objet de ces réflexions.
Les 4 types de rappel : l’impossible, le possible, le facile
et l’évident.
(chien sain)
L’impossible correspond à une exposition à une stimulation trop attractive,
irrésistible.
Le possible, à une stimulation de moyenne intensité.
Le facile, à une stimulation de faible intensité.
L’évident, à une absence de stimulation.
Une fréquente exposition à toutes sortes de stimuli permettra progressivement
d’aller de l’impossible au possible, puis du possible au facile.
Le rôle de l’obéissance (chien sain)
Inutile dans l’évident, elle favorisera, selon son niveau, le retour
dans le facile et le possible, et sera quasi inopérante dans l’impossible.
D’où l’importance à passer de l’impossible au possible, puis au facile.
En dehors des attractions sexuelles, à peu près toutes les stimulations
peuvent, moyennant habituation, réaliser ces passages. Alors et sous réserve
que l’obéissance soit correcte, et que les erreurs dont je parlerai soient
évitées, les conditions sont réunies pour un bon rappel.
Le moment opportun
Une séquence comportementale classique :
Il capte une attraction (phase appétitive), il l’explore (phase
consommatoire), il la termine (phase de satiété). Ensuite et avant une
autre captation, il est disponible, c’est le bon moment pour le rappeler.
Il est facile de guetter cet instant, et l’avantage est double :
le risque d’échec est minime et le rappel n’est pas associé à une interruption
de plaisir.
Souvent la fin de la séquence est indiquée par une miction (jamais de
miction en début d’identification olfactive), comme s’il donnait son avis
après lecture...
Les chiens hyper actifs/hyper sensibles, aux séquences comportementales
non organisées et sans phases d’arrêt, ne sont jamais disponibles.
Bien sûr, en cas d’urgence il devra revenir quelque soit le stade de la
séquence, mais nous n’en sommes pas là.
Exemples
Pourquoi ne revient-il pas :
Mauvaises associations :
Exemple Lulu ou le cas d’un chien jamais sorti du jardin :
Non habitué à la laisse, donc récalcitrant à se laisser attacher, il
refuse tout naturellement de venir si la laisse est brandie : ne
plus exhiber la laisse lors de l’appel, et obtenir l’habituation à la
laisse, vite associée aux sorties, qui deviendra ensuite une incitation
à venir (retournement de signification, déconditionnement/reconditionnement).
Le cas de Lulu permet cette inversion dans la mesure où il ne sortait
jamais du jardin. Je veux dire que la laisse n’a jamais été synonyme
de privations d’activités ludiques, mais qu’au contraire, elle est devenue
le symbole de découvertes extraterritoriales réjouissantes.
Anecdote Lulu (bouledogue français d’un
an) :réserve d’eau et de nourriture la nuit au cas
où Une gamelle d’eau et une autre de nourriture,
éléphantesques, au cas où sa maîtresse
âgée et isolée ne se réveillerait plus...
Erreur classique :
Qui n’a pas mis fin à une promenade en liberté par un rappel (il faut
bien rentrer). C’eut été moins préjudiciable au rappel si cette association
avait été diluée au profit d’autres, positives celles-ci, au sein d’une
même promenade. Autrement dit, rappeler plusieurs fois son chien (aux
moments de disponibilité), le fêter et le relâcher, puis quand il faut
partir, « s’arranger » pour être à proximité et le rattacher
sans ordre, devrait être la règle.
Divers :
Liberté trop rare et énergie accumulée,
séquences de défoulement non structurées, attendre
l’épuisement pour le rappel, rassasié il reviendra.
Déclencheur de jeux (poursuite) Le chiot part dans tous les sens, sans
organisation et sans autre objectif que le défoulement. Mais il repère
très vite quels actes nous font réagir...
Les échecs répétés où l’apprentissage de la désobéissance :
Zéro échec : simple (aucun ordre, sauf si certitude
de sa réalisation). L’avantage est double : zéro échec et rareté
de l’ordre. L’obéissance s’use, plus on s’en sert, moins il en reste La
trop grande fréquence des ordres transforment ceux-ci en bruit de fond
évitez le gaspillage.
Il revient de lui-même, alors on l’appelle, succès garanti.
D’une manière générale, moins vous l’appellerez plus il reviendra.
Les erreurs initiales :
En plus de celles directement dépendantes des conditions d’élevage déjà
évoquées, il y a celles qui concernent les premiers jours à la maison
(chiot grondé de manière traumatisante et directement associée au contact
du maître furieux du pipi), ou encore, le respect de cette idée reçue
qui consiste à faire croire qu’il ne faut pas sortir le chiot avant l’immunité
vaccinale, soit au moins 4 mois, et en conséquence ne pas créer les situations
de panique de rupture du lien lors de promenades en liberté dans des lieux
inconnus, également évoquées (les anticorps maternels protègent le chiot
et le rendent apte à sortir, hormis aux endroits infestés de congénères
pouilleux). Si on suit cette idée reçue, on le socialisera quand il ne
sera plus socialisable et l’enrichissement précoce qui favorisera les
rappels futurs est freiné.
Certains pense qu’il sera temps de le lâcher à l’âge adulte quelle ineptie,
une de plus.
Comment l’obtenir :
En lui donnant envie.
La gestuelle et le ton doivent être avenants et correspondre à la séquence.
La demande doit être clairement formulée (trop souvent les maîtres se
contentent de nommer le chien, au mieux, il dressera les oreilles) ;
« Rex, vient ! » par exemple, plutôt que : « Rexxxx ».
En se posant la question : pourquoi ne revient-il pas ?
Effectivement, se poser la question du pourquoi tel
ou tel comportement indésirable s’installe ou est installé, plutôt que
de s’y attaquer bille en tête, permettra une extinction naturelle et profonde.
Inversement une solution « artificielle » restera fragile et
entraînera d’autres troubles comportementaux qui entraîneront d’autres
solutions « artificielles » qui entraîneront etc un cercle infernal.
Je prends un exemple très répandu, la fugue : « Comment l’empêcher
de fuguer ? Vaut-il mieux l’attacher ou mettre un fil électrique »
me demande t-on fréquemment. Je réponds que plutôt que de l’empêcher physiquement
de fuguer, il faudrait que cette pulsion s’éteigne naturellement. Donc
se poser la question : pourquoi fugue t-il ? La plupart des
fugues que j’analyse ont pour origine une pauvreté de contacts sociaux.
Tout naturellement, ces chiens vont essayer de satisfaire ces besoins
d’eux-mêmes. Leurs escapades vont être renforcées par des rencontres de
congénères, d’enfants etc. Partant de ce constat, le bon moyen d’éteindre
ce comportement est tout trouvé :il va s’agir d’associer le chien
aux sorties sociales (aller chercher les enfants à l’école, l’emmener
au marché etc.) Si la fréquence est soutenue, tout naturellement, la pulsion
de fugue diminuera jusqu’à extinction.
L’empêcher physiquement, c'est-à-dire contrarier son besoin, le conduira
à évacuer cette frustration par d’autres comportements indésirables (aboiements),
par des activités de substitution (léchage d’anxiété etc.). Bien sûr
c’est un peu plus complexe (défaut d’attachement au groupe, fugues alimentaires,
sexuelles etc), mais j’ai évoqué la plus courante et elle me paraît bien
illustrer le sujet abordé (se poser la question du pourquoi).
Par des associations renforçantes.
Partant du principe qu’un comportement récompensé a plus de chance
de se reproduire qu’un comportement sanctionné ou ignoré, il apparaît
évident que récompenser le retour le multipliera.
La récompense renforcera le retour si elle lui est directement
associée, c’est à dire si le retour est
immédiatement récompensé. Un retard de
récompense nuira à l’association.
La récompense peut revêtir plusieurs aspects. Il va s’agir de cerner celui
qui va le mieux convenir à tel ou tel chien et à telle ou telle situation.
La friandise, la caresse, le jeu etc., faites le bon choix, le bon poids.
Créer un conflit de motivation .
Ou le contre conditionnement.
Le mauvais conditionnement retour/arrêt de la liberté doit être inversé
au profit de son contraire, le retour déclenchant la liberté. Il faudrait
que paradoxalement, la liberté soit paralysante si elle n’est pas ponctuée
de retours un peu comme une batterie qu’il convient de recharger de temps
en temps.
Comment rendre cette complexe association compréhensible par le chien ?
C’est le principe du conflit de motivation, utilisé dans le traitement
des HA-HS :dès qu’un seuil d’excitation anormal est atteint dans
le jeu, celui-ci s’arrête brutalement et reprend sitôt le retour au calme.
Dans ce cas le contrôle de l’excitation s’améliore.
L’analogisme avec certains cas de non retour est flagrant : si tu
veux continuer, il te faut exécuter son contraire...
La séquence comportementale a 3 dimensions (lâchage/retour/lâchage), et
les récompenses autres que le re- lâchage immédiat seront bannies afin
de ne pas perturber l’association recherchée, à savoir : retour=liberté.
Par l’immobilisation :
Cette espèce de capture qui permet de récupérer un
chien en lui intimant un « pas bouger » à distance
quand le rappel n’opère pas, est assez fonctionnelle en effet.
Elle concerne les chiens qui voient dans le rappel une invitation au
jeu… Ceux-ci ont mémorisé les courses poursuites des
maîtres bien moins véloces, et malhabiles à rattraper
Médor qui s’en donne à c?ur joie !
Pour casser cette ambiguïté due à une formulation
équivoque (ordre ?/jeu ?), un commandement préalablement
appris, type « pas bouger », qui lui ne laisse place à
aucune interprétation, va clairement notifier à Médor
que l’heure n’est pas à la rigolade et qu’il
faut obtempérer !
Comment sanctionner le non-retour :
Quelques principes élémentaires à connaître avant de sanctionner :
S’assurer que le chien a bien intégré que tel ou tel comportement
est interdit, donc répréhensible.
Etre cohérent et ne pas sanctionner un même comportement selon l’humeur
(exemple :sanctionner les sauts quand on est « bien habillé »
et les accepter, voire les renforcer en habits ordinaires).
Sanctionner de manière proportionnée à son caractère (une voix ferme suffira
à un très soumis et fera « rire » un très dominant qui réclamera
une réponse plus énergique).
Sanctionner au « moment où il va », pendant c’est presque trop
tard, après n’en parlons pas.
Stopper la sanction aux premiers signaux de soumission, émis pour çà.
Si ces principes sont respectés, le chien évitera de reproduire le comportement
répréhensible, mais n’évitera pas son maître.
Je redis ce que j’avais déjà dit, une sanction ne doit surtout pas être
anxiogène, sinon c’est le commencement de la fin
Appliquer ces principes au non-retour est à peu près impossible puisqu’il
n’est pas pris physiquement au moment de la faute, et sanctionner verbalement,
à distance, au bon moment (au moment où il n’obtempère pas), va à l’encontre
de ce que je considère comme étant l’aspect fondamental du rappel :lui
donner envie de venir, antinomique d’une voix menaçante...
Idéalement, il faudrait que la sanction tombe du ciel, et soit perçue
comme indépendante du maître qui serait alors le refuge. A cet égard le
collier électrique peut, bien utilisé, être utile. En effet, il permet
la sanction à distance, puisque télécommandée. Je le détaillerai un peu
plus loin.
« Outils » pour le rappel :
La laisse :
Et oui le rappel commence à un mètre !
La longe :
La plus fine et légère possible, d’une quinzaine de mètres environ (la
fixer sans s’en servir quelques jours). Puis un beau jour commander le
rappel et se fâcher fortement s’il ne revient pas de suite, enfin le guider
avec des encouragements jusqu’au contact qui est fêté.
Un congénère au bon rappel :
A condition que son pouvoir attractif soit plus puissant que ceux des
stimulations captées, et que ce pouvoir ne décroisse pas plus vite que
les pouvoirs attractifs des stimuli.
Par conséquent, il peut être utile momentanément, ou ponctuellement.
Pour un chien rompu aux contacts de congénères, son apport sera minimaliste,
et sera appréciable pour un chien avide d’interactions intra spécifiques
parce que trop privé de celles-ci.
Exemple ma chienne Nova, qui permet par son intrusion, d’aider à l’interruption
d’une séquence attractive et d’obtenir le rappel par « mimétisme »,
mais qui le permettra rarement deux fois de suite, l’effet de surprise
attractive étant vite consumé.
Collier électrique :
A l’occasion de l’entretien (au domicile de mes clients) qui précède l’éducation
proprement dite, il n’est pas rare que j’observe sur un coin de table
ou accroché à un mur, un collier électrique. Pourtant, ils m’ont sollicité
d’où la relative utilité de cet outil.
Description, utilisation et utilité du collier électrique :
Exemple Roxy (Spitz) :
régulièrement sanctionné verbalement à son
retour pour avoir trop tardé à venir, son rappel
s’est vite dégradé, au point de ne plus revenir du
tout. Au stade d’installation où en était ce
comportement quand je l’ai rencontré, ni les friandises,
ni les appels joyeux n’étaient opérants. Pour le
capturer, son maître avait épuisé toutes sortes
d’astuces qui n’ont fonctionnées qu’un
très court temps (ouverture de la voiture etc.).
Dans ce cas il m’a paru nécessaire de combattre le mal par le mal. C’est
à dire que ne pas venir devait déboucher sur une sanction plus dissuasive
que celle qu’il avait associé au retour, et qu’entre deux maux il choisisse
le moindre.
Equipé d’un collier électrique au tour de la poitrine (trop petit cou),
l’impulsion électrique, réglée au plus bas, l’a, après deux essais seulement,
conduit à revenir sitôt l’appel pour éviter la sanction du collier et
préférer celle (du moins le croyait-il) du maître, qui a pu alors, par
ses caresses, casser cette association installée. En une séance ce problème
a été réglé les Spitz sont très intelligents.
Par contre le jet de gravillons recommandé par certains, offre généralement
une stimulation supplémentaire et rajoute à la difficulté
Etc.
Petite histoire récurrente : Le cas patou...
Appel téléphonique d’une dame âgée en
détresse, suite à une attaque cérébrale de
son mari qui randonnait beaucoup avec son Labris de 3 ans. Elle réalise
qu’elle ne peut se substituer à son mari pour les activités
et sorties diverses avec son chien car il ne lui obéit pas du tout.
Elle se désole de voir son « petit chéri » condamné
au jardin en lieu et place de promenades en campagne.
- Comprenez bien ma situation et dites moi si vous pouvez m’aider,
peu importe le coût, mais assurez moi d’un diagnostic honnête
et sincère !
Je la rassure quant à mon sérieux et mon honnêteté
et convenons d’un rendez-vous, chez elle bien sûr.
Accueil.
De loin, chien repéré et premières indications (attaché
et très excité à la vue de ma voiture pourtant à
plus de 100 mètres). Aboiements et sauts, un labris tout craché!
Effectivement la dame est âgée mais parait assez alerte.
Son mari se déplace bien difficilement à l’aide de
cannes anglaises.
Le chien est attaché car l’infirmière doit arriver…
Contact chien : sauts et mordillements, pincements et déchirure
de ma veste.
- Il est gentil, pas méchant, foufou ! Me dit-elle.
Je demande la libération du chien qui saute alors autour de moi
en jappant, très forte agitation.
Entrée dans la maison.
Elle m’invite à m’installer dans la petite cuisine
(le salon est réquisitionné pour les soins de son mari).
A droite en entrant, divers colliers et laisses accrochés tout
le long du mur, qu’il faut éviter d’heurter sous peine
d’exciter encore plus le chien. Un martinet aussi, à l’aspect
neuf.
Nous parlons fort pour nous entendre (aboiements incessants du chien nommé
Patou). Petit panier avec coussin à côté du radiateur
de la cuisine.
Très vite il apparaît que Patou est l’enfant de la
maison (elle l’avoue spontanément).
« Il est tellement gentil. », revient comme un leitmotiv.
Elle le défend comme un avocat défendrait son client devant
le juge.
Son mari a été hospitalisé deux mois, ce qui a encore
renforcé ses liens avec Patou qui dort bien sûr dans la chambre
(panier).
Je suis assis et en difficulté (Patou me harcèle vocalement
et physiquement par ses sauts). Il s’interrompt un instant pour
aller gratter la porte du buffet. Aussitôt sa maîtresse se
lève pour chercher une boîte de biscuits.
-Quand il gratte le buffet c’est qu’il veut un biscuit ! S’excuse
t-elle.
Lorsqu’elle a exécuté l’ordre de Patou, l’infirmière
arrive. Heureusement la maîtresse a tout prévu et Patou ne
pouvant sortir de la cuisine, ni nous d’ailleurs, se contente d’aboyer
furieusement en labourant la pauvre porte. On ne s’entend plus.
Les « tais toi Patou », renforcent sa fureur. Enfin, l’infirmière
et le malade se sont eux aussi enfermés dans une pièce,
et un relatif calme s’installe…pas longtemps, Patou essaie
maintenant de dominer l’intrus que je suis en mimant sur moi la
copulation. J’explique la signification de ce comportement indésirable
à sa maîtresse qui pensait qu’il s’agissait d’un
jeu. Je l’informe que la situation est bien dégradée
et qu’il y a à l’évidence un problème
hiérarchique.
-Vous habitez chez votre chien.
Sachant qu’il n’est pas possible de changer radicalement le
comportement des maîtres, je propose de procéder par petites
touches. J’invite la maîtresse à désormais anticiper
les demandes de Patou de manière à ce qu’il n’ait
plus les initiatives (prérogatives des dominants). Cela aura le
mérite de modifier la perception de son positionnement hiérarchique,
sans trop affecter les sentiments anthropo-morphiques de sa maîtresse.
Ce changement fondamental dans leur relation, associé à
une éducation à l’obéissance, me semble la
thérapie indiquée.
Nous convenons d’une série de cinq leçons à
raison d’une par semaine, et fixons la date de la première.
Je la laisse pleine d’espérances et de craintes. Je regagne
tant bien que mal la sortie, et à peine le portail s’est
il refermé que Patou entreprend une spectaculaire stéréotypie
qui consiste à tourner sur lui-même à très
grande vitesse.
Première leçon.
Accueil similaire au premier RDV.
Matériel : collier métallique coulissant, éducatif
et non coercitif, contrairement aux torcatus à griffes, scandaleusement
vendus en grandes surfaces. Longue laisse (2m) en cuir ou tissus, avantages
: légèreté donc sensation d’attachement réduite
; la longueur va en phase de promenade, accorder au chien un périmètre
d’exploration relativement important ; elle va limiter les tensions
qui déclenchent les tractions (phénomènes des chiens
de traîneaux) ; enfin, et en cas de situation phobogène,
elle permet au chien l’évitement indispensable pour qu’une
peur donnée ne se fixe pas. Bien sûr ces remarques concernent
les chiens non obéissants, les autres n’ayant pas ou peu
recours à la laisse.
Patou en laisse, nous sortons du jardin et nous dirigeons sur le chemin
en terre qui dessert une dizaine de maisons. Je demande à la maîtresse
de promener Patou sans s’occuper de moi. Il la traîne vivement
d’une odeur à l’autre, laisse ses messages un peu partout
et aboie furieusement à un congénère lui-même
furieux de voir Patou si proche de son territoire et l’arrosant
qui plus est.
Je prends la laisse et commence à lui inculquer les rudiments de
la marche au pied. Patou est moins fier et baille beaucoup, signe d’une
fragilité émotionnelle évidente (en baillant, il
libère dans son cerveau des substances apaisantes). J’explique
à sa maîtresse qu’il n’a pas envie de dormir…
mais que ma présence et les contraintes que je lui impose éprouvent
son système nerveux. J’ai eu des cas où chaque ordre
était suivi d’un bâillement.
Pour la énième fois j’entends : « il va devenir
votre copain ».
Rassurée quant aux méthodes, elle s’étonne
de voir Patou aussi attentif et timide quoique têtu. En 30 mn, Patou
semble avoir compris ce que j’attends de lui (marcher à mes
côtés sans me dépasser et sans que la laisse ne se
tende). Je tempère les remarques euphoriques de sa maîtresse
en lui signalant qu’il n’est pas d’un grand intérêt
que Patou m’obéisse. Cela démontre uniquement que
Patou « peut ».
-Maintenant, c’est à vous Madame !
Et là évidemment c’est une autre histoire. Patou n’est
plus attentif, la maîtresse s’embrouille, mon travail qui
est d’apprendre à apprendre, commence.
-Mr Perrot, quel est le bon mot ? M’appelle t-elle au secours.
-Il n’existe pas de mots magiques. S’y rapprochent ceux qui
sont parfaitement symétriques au ton, lui-même symétrique
à la gestuelle, le tout à l’instant opportun. Parlez
lui comme à quelqu’un, toujours. Vous n’en serez que
plus naturelle et cohérente. Ne soyez pas rigide, ne vous demandez
pas : comment dois-je me comporter là ? Quand vous aurez la bonne
réponse, le temps écoulé exigera une autre attitude.
Soyez instinctive, ne réfléchissez pas, ou alors comme un
animal, logiquement et vivement !
Inévitablement, dans la première phase de l’éducation,
la phase où les maîtres apprennent à apprendre, on
risque d’obtenir le contraire du but poursuivi. Les incohérences,
hésitations et autres maladresses ne vont pas contribuer à
modifier positivement la position hiérarchique des maîtres,
ce qui est pourtant l’objectif à atteindre. Si on considère
que du point de vue du chien, le chef de meute est directif et sûr
de lui, l’image de son maître à l’occasion de
ses balbutiements en est assez éloignée.J’observe
par conséquent des cas de régressions dans les premiers
temps d’une éducation, heureusement ponctuelles et limitées.
Dans l’absolu, il serait idéal d’entraîner les
maîtres avec de faux chiens dont on commanderait mécaniquement
les comportements…
Avant de laisser Patou et sa maîtresse se reposer, j’insiste
sur un aspect trop négligé et pourtant essentiel à
mes yeux : la laisse et le collier ne doivent pas être synonymes
de travail. Je rencontre trop souvent des chiens qui ont été
ainsi conditionnés. Résultat : laisse /collier = obéissance,
absence = non obéissance. Pour éviter ce phénomène,
j’alterne promenades en laisse et instants de travail. L’important
étant de montrer clairement au chien dans quelle phase (promenade
ou marche au pied) il se trouve. Souvent les demandes sont floues et ambiguës
et l’on voit des chiens hésiter et opter pour des phases
intermédiaires.
Je reviendrai sur cette notion de non conditionnement car elle est la
finalité même de l’éducation d’obéissance
utilitaire. Il m’arrive même d’essayer le conditionnement
inverse (avec des chiens dont l’éducation est avancée)
: travail sans laisse entrecoupé d’instants de détente
en laisse.
… - Mr Perrot, suivant vos conseils je n’ouvre plus la porte
à Patou lorsqu’il la gratte, maintenant il l’ouvre
lui-même !
Etc.
Questions / réponses, diverses :
« c’est pas mon chien… »
« …Vous dites que ça n'est pas votre chien et vous
en occuper depuis peu...
Effectivement, cet état de fait embrouille tout, vous reconnaissez
ne pas le connaître assez pour bien interpréter ses comportements
et implicitement douter de votre contrôle sur lui.
J'ai presque envie de dire tant mieux, le chien n'est pas une machine
qui fonctionnerait moyennant un mode d'emploi appris.
Le contrôle doit être la résultante d'une complicité
et d'une autorité acceptée et méritée, construite
petit à petit, qui jamais ne penche vers la faiblesse (et encore
moins vers la tyrannie)… »
Dominique
« il me paraît imprévisible… »
Il me semble que la question qu’il vous faut vous poser est :
est-il sain ou névrosé ?
Selon la réponse, il vous faudra soit le rééduquer,
soit le soigner…
Dominique
« Nuances entre éducateur et comportementaliste…
»
Bonjour,
Vous avez raison, il faut distinguer le chien sain et le chien
névrosé.
Le premier se bonifiera au contact d'un bon éducateur, le second au contact
d'un bon comportementaliste.
Mais il existe un chien intermédiaire, très répandu, et pour lequel l'éducation
peut être une thérapie. Celui-là est bonifié par l'éducateur-comportementaliste.
Dans nombre de cas, discerner au moyen de la seule étude comportementale
le névrosé léger du sain problématique, est malaisé, les symptômes pouvant
se chevaucher. Une amorce d'éducation va aider à dissiper le doute quant
à sa "catégorie" : à soigner ou à éduquer.
Vous n'ignorez pas la complexité et la diversité des comportements canins,
et les plus objectivées des analyses éthologiques ne peuvent prétendre,
à elles seules, être les réponses exigées.
Bien sympathiquement, Dominique PERROT.
« Mordillements… »
« Bonjour, pour faire simple, je dirai qu'il existe 3 types de
morsures: la morsure maintenue du chien en compétition hiérarchique, la
morsure en fuite du chien dominé et la morsure brève du dominant. J'y
ajoute une 4ème, les mordillements du pré pubère qui teste ses maîtres.
Les tolérer conduit le chien à prendre l'ascendant puisqu'à ses mordillements
provocateurs, vos réponses absentes ou non adaptées diffèrent du registre
des dominants et font le terreau des futures sociopathies. Sa transformation
hormonale induit son potentiel de leader, prêt à régir la famille-meute
s'il "estime" que la place est vacante (vitale pour la survie
de l'espèce en ce sens où une meute non conduite par un meneur est désorganisée
et verra son territoire de chasse confisqué par une autre mieux organisée
etc.). Ou vous le dominez, ou il vous domine, l'égalité n'existe pas.
Il a besoin d'un chef, mais pas d'un tyran...et la frontière est
ténue. En conséquence, la bonne attitude est celle
qu'aurait eu un congénère dominant. C'est à dire
une réponse immédiate et dissuasive (pas de
demi-mesures). Une réponse non spontanée,
décalée, s'avèrerait anxiogène parce
qu'incomprise, et favoriserait des agressions par peur. Une
réponse moyenne conduirait à l'escalade et à des
morsures maintenues de chiens en compétition. Enfin, il est
impératif de stopper vos réponses autoritaires aux
premiers signaux de soumission, ils sont émis dans un but
d'apaisement, et continuer au-delà occasionnerait de graves
désordres communicatifs.
Bien sympathiquement. »
Dominique
« Ok : mais concrètement, qu'est-ce que tu
appelles une réponse adaptée ? Je veux dire : quel(s) geste(s) ou quelle(s)
attitude(s) ou quel(s) mot(s) tu emploierais pour dominer le prépubère
quand il te mordille ? »
D'abord il convient de s'assurer que les mordillements sont de nature
pré-agressive, et non pas un rituel communicatif installé depuis longtemps,
qu'il serait alors désastreux de sanctionner.
Si le contrôle de la morsure a été acquis (rôle de la mère), les mordillements
communicatifs ne sont pas appuyés. S'ils font mal, soit le contrôle de
la morsure n'est pas acquis, soit ils sont alors les prémices d'une domination
gestante. En ce cas d'autres symptômes y sont associés (contrôle de l'espace
territorial du type lieux de passage, positions en hauteur, tendance à
manger accrue en présence des maîtres, marquages territoriaux etc.).
Modifier tous ces paramètres va aider la régression sociale et les velléités
dominantes de type mordillement, vont aussi régresser.
Bien sympathiquement . »
Dominique
Bonsoir,
Que veux dire " Tendance à manger accrue en présence des maîtres"
?
Merci de cette précision.
Salutations.
...à l’état sauvage les dominés assistent aux repas des dominants qui
leur abandonnent les restes.
Dans les foyers, des chiens dominants ou en « compétition »,
reconstituent ce schéma ancestral et l’approche des maîtres déclenche
la prise de nourriture. Inversement, chez des chiens très soumis, la présence
des maîtres inhibe les comportements alimentaires. Seul ce qui se voit
n’a de signification sociale chez les chiens.
Pour compléter ma réponse précédente (comment sanctionner), je dirai que
contrairement à une idée reçue (jamais avec la main), la sanction doit
être corporelle (je n’ai jamais vu une mère de chiots s’armer d’un martinet
ou d’une baguette pour réprimer ses petits). Une saisie manuelle au cou
et un secouement énergique, maintenue jusqu’aux signaux de soumission
me parait appropriée. Pas de coups (les chiens ne se donnent pas de coups).
Si la sanction est spontanée et cohérente, il n’aura pas peur de toi,
mais peur de reproduire le motif de la sanction (en l’occurrence, le mordillement).
Bien sympathiquement. »
Dominique.
« Moi, un être humain, par exemple jogger
- Surgit un chien, pas sympa, qui commence à me poursuivre.
Est-il vrai que si j'ai le courage de m'arrêter et de me présenter à lui
de profil, çà désamorcera son agressivité?
Je sais qu'entre congénères canins, le langage passe par des postures
de ce type, mais ce langage est-il transposable aussi simplement entre
un chien et un être humain ?
Merci de me répondre. »
Amitiés.
Bonjour,
L’instinct de poursuite est effectivement désamorcé sitôt que le substitut
de proie (toi en l’occurrence), stoppe sa course. Ensuite et selon un
nombre de paramètres trop grand pour être détaillés (humeur du chien,
caractère, socialisation,perception territoriale, antécédents, etc), il
s’en retournera ou pas. En ce cas, ta posture, ta cinétique (ton déplacement),
ta trajectoire, la direction de ton regard et tes phéromones, c'est-à-dire
ton odeur, suivant qu’elle traduise ta peur ou ton assurance, inhiberont
ou déclencheront l’agression, ou bien encore la redirigeront (mictions).
Bref, postures et gestuelles humaines renseignent parfaitement le chien
et dans l’exemple que tu soulèves, deux réponses sont possibles :
ou tu prends une attitude dominante, (si tes phéromones sont contraires
à ton attitude, tes signaux seront ambivalents) ou alors neutre et soumise,
c’est à toi d’estimer, en «direct »...
Mais mimer leur langage pour mieux communiquer avec eux est opérant à
condition qu’ils ne soient pas sur- humanisés au point d’avoir leur mode
communicatif originel atrophié au profit du notre. C’est plus fréquent
qu’on l’imagine et j’observe souvent des chiens incapables de communiquer
avec leurs congénères. Les conséquences de cette incompréhension leurs
sont parfois fatales. Nous sommes responsables de cette anomalie, nous
qui à force de voir en eux ce dont on a besoin, à force de leur prêter
les sentiments qui nous arrangent (c’est si commode un chien), les dénaturons,
par égoïsme.
Sympathies, Dominique.
Je te remercie pour ta réponse compréhensible, nuancée et éclairante
!
Bon week end »
« Votre avis à propos de la « dominance » ?
« La dominance, vaste sujet, est une notion relative (un dominant
est un dominé par rapport à un plus dominant ou par rapport à son vainqueur).
C’est donc un état qui fluctue au gré des rencontres sociales. Au sein
d’un groupe établi ce statut est plus fixé et sa rigidité va dépendre
des modifications de la meute (arrivée à maturation sexuelle de certains
membres du groupe de même sexe, introduction d’un nouvel individu, vieillissement
etc.). Une dominance installée sera quasiment irréversible en l’absence
de circonstances du type de celles que je viens d’évoquer. Ceci vaut également
à l’intérieur d’un groupe hommes/chiens, où une domination trop fixée,
perdurera, dressage ou pas.
Mais paradoxalement, un chien au statut hiérarchique clairement supérieur,
posera moins de problèmes qu’un chien au statut hiérarchique ambigu. Dans
le premier cas l’organisation sociale est claire, les règles fixées par
le chien, définies et respectées, tout va bien, les interactions sociales
sont cohérentes et le chien prévisible. En revanche, des chiens aux maîtres
ambivalents, c'est-à-dire dont les attitudes autoritaires sont contrecarrées
par des attributions de prérogatives de dominants, vont conduire le chien
à estimer incohérent et instable le mode relationnel et à développer de
l’anxiété dans un premier temps, qui évolue souvent vers des agressions
par peur, qui vont effrayer les maîtres, ce qui renforcera les agressions
et les fixeront.
Pour en revenir à ta question, je dirai qu’observer chez ton chien une
tendance à contrôler l’espace territoriale accrue (installation prolongée
sur des lieux de passage, par exemple), des velléités d’interventions
dans les communications sociales où il n’est pas concerné (agitation lorsque
tu parles ou interagis physiquement avec une autre personne) , aboiements
agressifs quand tu le laisses et que tu n’es plus sous son contrôle, changements
de ses comportements alimentaires etc., doit t’alerter.
En ce qui concerne les paramètres relatifs au statut de dominant
(contrôle de l’espace territoriale, comportements alimentaires, lieux
de couchage etc), il faut les prendre en compte, certes, mais en dehors
des contextes de sociopathies ou des situations de « compétitions
hiérarchiques », ils sont à relativiser. Sinon « on vit plus »
et s’acharner à les faire respecter par des chiens sans soucis, pourrait
conduire ses chiens à devenir des chiens à problèmes.
Autrement dit, à vouloir tout régenter on freine l’essentiel, l’épanouissement.
Tout est affaire de mesure et de bon sens, de feeling.
Je conclurai en disant qu’avant de choisir un chiot, il convient d’analyser
objectivement notre propre caractère. Il est souvent à l’origine d’incompatibilités
futures, un chiot trop soumis sera vite une malheureuse carpette névrosée
sous l’influence d’un maître naturellement trop autoritaire et inversement.
Le choix du chiot, pas assez pris en considération, appelle bien des commentaires,
mais je crois que j’ai été suffisamment long déjà pour ne pas m’étendre
encore plus et abuser de votre attention
Sympathies, Dominique »
« Quelle formation conseillez-vous pour exercer votre activité...? »
« Bonjour,
J'ai fait un stage dans une école privée, voici presque 20 ans. Ce stage
a duré 6 mois et m'a permis de toucher du chien, c'est tout. Je veux dire
que je me considère comme autodidacte et que ce métier ne s'apprend pas
autrement qu'en se faisant les dents et en accumulant les cas.
Ceci vaut en matière d’élevage, de médecine vétérinaire, mais peut-être
encore plus en matière d’éducation et de comportementalisme, où chaque
cas peut remettre en question des principes que l’on pensait solides.
Mais comme je l’ai déjà écrit, plus j’en tripote, plus je m’y frotte,
plus je m’y perds...
A partir de mon expérience, c'est-à-dire ma banque de données, faite de
références (elles-mêmes sommes de cas similaires), je peux commencer à
objectiver certaines explications et solutions à des problèmes de comportement
référencés.
Voilà à peu près où j’en suis, et mon
objectif est d’accroître mes comportements
référencés pour mieux affiner leur analyse.
Tout ça pour vous dire qu'il me semble plus "professionnel"
d'aller dans ce métier sans trop de principes appris qui conviennent à
leur auteur et nuisent au ressenti qui permet d'adapter
le métier à soi, plutôt que le contraire, ainsi on sait très vite si on
est fait pour lui.
Donc, lancez-vous... si vous ne rêvez pas d'or.
Ville, campagne, tout est bon avec une bonne voiture... Mon secteur géographique
va de Marseille à Orange et une partie du Gard... je fais 200kms/jours
en voiture et 80 kms à pieds/semaines !
Passez quelques jours avec un éducateur canin à domicile référencé, vous
verrez concrètement si ça vous convient.
Pour les modalités, le syndicat national des professionnels du chien et
du chat peut vous être utile.
Bien sympathiquement, Dominique Perrot »
« Dressage au mordant et agressivité »
« En ce qui concerne le dressage au mordant, je pense qu’il y a
deux approches. L’approche ludique et l’approche naturelle (exploitation
d’instincts déclencheurs de mordant).
L’approche ludique (mordant sportif), n’a rien à voir avec l’agressivité
(pas de séquence de menace, pas d’arrêt à la soumission mais à l’ordre
etc. C’est du dressage.
En revanche, si l’apprentissage utilise les aptitudes
instinctives, alors il doit créer les conditions
d’agressivité naturelle (substituts de proies à
défendre, de petits à protéger, de territoire
à garder). Là, les séquences comportementales
seront complètent : menaces, attaque et arrêt
à la soumission etc.
De ce point de vue le mordant est créateur d’agressivité, mais c’est une
agressivité naturelle et conforme à son but originel, la survie de l’espèce.
Mais la domestication a pu rendre ténue la frontière entre l’agressivité
normale et les dérapages.. donc prudence. »
Dominique.
« Cette question s'adresse essentiellement à Dominique, mais
que ça n'empêche pas d'autre personne de donner leur opinion !!!
Dans une expérience menée au zoo de Sain-Paul (Minnesota) par D. Mech
(The Wolf, Natural History Press, 1970), il a été montré que, chez les
loups, il existe un véritable droit de propriété pour celui qui s'empare
de la viande en premier. En l'espèce, un loup de 3ème rang pouvait prendre
le premier la viande et la défendre victorieusement contre les individus
dominants.
Je me posais donc la question au sujet des chiens en général et des
CsV en particulier : la relation à la nourriture est certes très importante
pour instaurer une hiérarchie, mais ne l'exagère-t-on pas ? Par exemple,
une fois donner la gamelle au chien, si celui-ci gronde ce n'est peut-être
pas toujours le signe d'une dominance latente ? Ceci dit, ce n'est qu'une
extrapolation sans doute simpliste. Du moins avec d'autres races que le
chien-loup tchécoslovaque, car celui-ci est censé se rapprocher plus du
loup que n'importe quel autre chien... »
|
Bonjour,
Abandonner à un plus dominant la proie acquise de haute lutte (contexte
sauvage) et abandonner à un plus dominant le steak gracieusement
offert par le maître (contexte de domestication), me semble deux
comportements de natures bien distinctes.
Qu’il y ait une sorte de droit de préemption dans le 1er cas, si
tu l’as lu et si ta source est sérieuse, je suis tout disposé à
le croire, mais je serai plus réservé quant à la configuration «
domestique », même si j’ai vu des dominés manger leur gamelles devant
des dominants intéressés mais non affamés comme si la satisfaction
de besoins vitaux désactivait les rapports hiérarchiques (Ce qui
va parfaitement à l’encontre des analyses éthologiques les plus
élémentaires et les plus avérées) Si y a pas de quoi rester modeste
!!!
A moins qu’économiser des agressions, si elles ne sont pas indispensables
à l’organisation du groupe, soit pris en compte dans leurs comportements
ce qui expliquerait que des mêmes situations déclenchent ou non
des agressions selon le moment où elles se présentent.
Un dominant affamé doit se nourrir prioritairement (il est plus
important pour le groupe qu’un dominé), s’il n’est pas affamé il
tolèrera qu’un dominé garde sa proie puisque son besoin (celui du
dominant) est faible donc pas vital pour lui, donc pas vital pour
le groupe. Je penche assez pour cette hypothèse qui n’engage que
moi.
Sympathies, Dominique.
PS: je confirme que la gestuelle seule peut suffire aux apprentissages
basiques.
( j'ai éduquer ainsi plusieurs chiens, soit parce qu'ils étaient
sourds, soit parce que leur maître était muet).
|
« X a dit : « l’absence de comportement
paternel chez le chien (dans le domaine précis de sa sociabilité intraspécifique)
semble être le seul ravage irrémédiable de la domestication... »...
Il y aurait « ravage » si la domestication éteignait des comportements
paternels directement nécessaires au développement des chiots. C’est à
dire que s’il manquait un apport paternel relatif à la sociabilité intraspécifique
(donc pendant la période de socialisation), ce pourrait être effectivement
un « ravage ». Sachant que durant cette période, les interactions
chiots adultes mâles sont quasi inexistantes ou fortuites, il ne peut
résulter à ce niveau en tout cas, de « ravages » dus à l’absence
d’adultes mâles.
C’est à partir du sevrage qu’une présence d’adultes (mâles ou femelles,
peu importe) va manquer ou non (mais pas au niveau sociabilisation intraspécifique,
plutôt au niveau codes canins et hiérarchie), suivant que les nouveaux
maîtres vont correctement ou non se substituer à la mère du chiot et plus
généralement aux congénères adultes.
Si oui, l’acquérir à partir de 6 semaines me paraît opportun, si non,
le laisser quelques semaines de plus à l’élevage (sous réserve que celui-ci
soit enrichissant) est un moindre mal.
Dominique.
« Obligée de la mettre en cage lors de mes absences (elle détruit
tout) »
Bonjour ,
Peut-être as-tu épuisé toutes les « thérapies », mais au cas
où...
Un caniche de 3 ans, destructeur de l’appart quand sa maîtresse s’absentait
s’est calmé grâce à un fond sonore (radio allumé).
Un autre, qu’on isolait dans la salle de bain par peur de dégâts, s’est
montré sage et calme parce qu’on lui a permis l’accès à toute la maison.
Un autre s’est calmé grâce au vêtement
imprégné de l’odeur de l’être
d’attachement etc.
Un autre, par la présence d’un canari...( en ce cas il s’agissait d’une
anxiété de solitude et non pas de séparation) etc.
Pour résumer, l’attachement, qui consiste à remplacer la mère du chiot
lors de l’acquisition classique (vers 8 semaines) est indispensable à
son bon développement psychique. En pratique cela exige qu’une seule personne
interagisse avec lui, qu’il s’endorme dans les odeurs de l’être d’attachement...
mais vers 3 mois ½, 4 mois, il faut réaliser le détachement, c’est à dire
qu’il faut couper le cordon et que les autres membres de la famille s’occupent
de lui, finie l’exclusivité (ceci est possible pour une famille comportant
plusieurs membres). Ces deux phases essentielles sont rarement réalisées,
et pourtant elles sont d’importance. Soit la première est diluée parce
que tout le monde veut s’en occuper, soit la seconde est occultée, parce
qu’il est psychologiquement difficile de passer du fonctionnement humain
au fonctionnement canin et qu’on est souvent de ce point de vue égoïste,
mais c’est surtout la méconnaissance des besoins du chiot qui nous font
préférer le fonctionnement qui nous « arrange ».
Ne pas ritualiser départs et arrivées, c’est à dire ne pas s’excuser de
devoir le laisser, sous peine de créer un état de pré anxiété, et banaliser
nos retours et être neutre dans les deux cas est une règle à suivre.
Un chiot qui détruit tout ou qui hurle lors de l’absence de l’être d’attachement,
le recherche de manière obsessionnelle, désordonnée, hystérique, d’où
des dégâts éparpillés...
Le gronder au retour amplifierait l’anxiété qui le conduirait pour mieux
l’évacuer à faire encore plus de dégâts, c’est le cercle vicieux.
Si les dégâts ou pleurs et aboiements résultent
d’une anxiété de séparation, la
présence d’un autre chien n’y fera rien.
Il est facile de distinguer l’anxiété de
séparation de l’anxiété de solitude. Dans le
1er cas c’est la rupture de lien avec l’être d’attachement
qui provoque l’anxiété et la présence d’autres membres de la famille est
inopérante...
Dominique
« Un autre chien ? »
Pour ma part, je déconseille vivement deux chiens de sexe identique qui
s’entendent jusqu’à la puberté et se déchirent après...
J’ai très (trop) souvent constaté des cohabitations impossibles entre
chiens de même sexe.
Les mécanismes d’inhibition ne fonctionnent pas entre adultes de même
sexe pour des raisons évidentes.
Heureusement, et sous certaines conditions, la cohabitation est possible :
Si l’un des 2 est très dominant et l’autre très soumis, la hiérarchie
se fera sans heurts, à condition de ne pas la perturber en favorisant
le dominé. Une fois que tu as identifié lequel a l’ascendant, c’est celui-la
qu’il te faudra privilégier (caresses, nourriture etc. en premier). Beaucoup
font l’inverse « par pitié », et redéclenchent les conflits
en s’opposant aux lois naturelles...
S’il y a bagarre, intervenir, c’est empêcher l’établissement d’une vraie
(seule viable) hiérarchie.
S’ils ont appris les codes canins, le »perdant » enverra des
signaux de soumission qui stopperont l’agression.
Enfin il est bon que dans leur espace, un coin à l’écart soit aménagé,
il servira de refuge au perdant qui pourra éviter les zones dominantes.
Dominique Perrot.
Bonjour ,
Merci Dominique apparemment je ne me suis pas loupé avec mes 2 p'tits
gars car je fais exactement ce que tu as décris ,j'en suis content.
Volta est le dominant et je ne remets jamais en cause sa position vis
à vis de son frère .
Encore merci .
Amitiés.
Bonsoir,
Alors toutes mes félicitations si tout se passe bien et continue à se
bien passer, car ça n’est jamais une sinécure de bien faire cohabiter
ce petit monde sauvage...
La majorité de ceux qui régissent ces petites meutes
n’est contrairement à toi pas consciente qu’elles
sont à gérer avec un oeil canin et non humain
d’où de très fréquents appels de
détresse suite à de féroces combats quotidiens,
jusqu’à la mort parfois, où la séparation
déchirante, d’où mon discours
généraliste : « un mâle et une
femelle » (en plus, c’est tellement
complémentaire).
Dominique.
Quelle est la méthode d’éducation appropriée au Chien-loup Tchècoslovaque ?
Bonsoir,
J’ai éduqué beaucoup trop peu de CLT pour leur coller une méthode.
Par contre j’ai éduqué plusieurs centaines de BA, plusieurs centaines
de beaucerons, plusieurs centaines de rottweilers, plusieurs centaines
de labradors etc. et je n’ai toujours pas de méthodes raciales.
Pas plus tard qu’aujourd’hui, j’ai entamé l’éducation d’un rottweiler.
Je ne l’ai pas abordée avec un schéma « rottweilerien »en tête,
mais canin.
La complexité et la diversité des réceptivités sont telles que les imaginer
racialement cloisonnées risque de fausser l’approche et d’influencer les
méthodes au détriment du sujet, toujours unique et rendu encore plus unique
par son maître, lui-même unique (ce qui rend l’alchimie « maître/chien »
définitivement unique).
Personnellement, c’est cette alchimie, et non pas la race, qui détermine
ma méthode.
Sympathies, Dominique.
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stériliser la chienne? mais pourquoi
beaucoup de monde n'a que ce mot a la bouche pour des commodités!
désolée d'être un peu agressive sur ce cou mais la vraiment ça m'énerve!
les chaleur c'est de 1 a 2 fois par an ! c'est pas la mort ou alors
si on est pas capable d'assumer cette période et bien il vaut mieux
laisser tomber
une stérilisation pour un pb de santé du chien OUI mais pour le
bien être du maître NON
enfin il est sur que mon avis n'a que peu d'importance mais il fallait
que je le dise....
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Ton avis compte tout autant que les autres et si sur le fond, je le partage,
en pratique, contrarier la nature (dans ce domaine), ne me paraît
pas si scandaleux que ça.
Et personnellement, observer des chiennes en plein œstrus déambuler
en ville ou dans les campagnes avec tous les désordres que ça
peut occasionner, et se faire saillir et resaillir, se faire suivre par
des colonnes de mâles qui se battent,etc. me révolte plus
qu’une stérilisation.
Même le plus attentif des maîtres peut se faire avoir…
Il m’est arrivé une fois d’être inattentif à
ma chienne en plein cycle, le temps de faire réchauffer un café
(5mn), et de la retrouver collée à un chien qui avait déchiré
la clôture pourtant solide.
Sans aborder le problème des grossesses nerveuses et autres tumeurs
aux mamelles, la stérilisation (de préférence avant
les premières chaleurs), si elle permet d’éviter l’anarchie
des rues et des campagnes (accidents, bagarres, fugues, pertes…),
je suis pas contre.
Un gang de cambrioleurs suisses s’était fait la spécialité
de visiter des propriétés gardées par des molosses
féroces. Ils lâchaient une chienne en chaleur dans la propriété
et faisaient leurs affaires en toute tranquillité…
Dominique Perrot.
bonsoir en effet dans certains cas la stérilisation est peut
être une solution MAIS dans ce cas si les gens laissent divaguer
leur chiens et bien il ne fallait pas qu'ils en prennent tout simplement
de plus ce genre de proprio a mon avis n'acceptera pas plus de payer pour
une stérilisation que de faire attention a ne pas laisser divaguer
la chienne
Tu as raison, faire des frais et bien gérer ses chiens marchent
ensemble et les laisser divaguer à moindre frais trahit les mauvais
maîtres.
Je voulais simplement souligner que bon maître et soucis d’oestrus
peuvent cohabiter…
Amitiés, Dominique.
A quoi et comment pense le chien ?
Dans son traité « les animaux les plus avisés »,
Plutarque conte et déduit d’une observation :
Un chien qui balade avec son maître, le perd de vue par distraction,
à une intersection de 3 chemins. Le chien met le nez au sol à
l’entame d’un des chemins et n’y flairant pas l’odeur
de son maître, fait de même à un autre des chemins.
N’y flairant toujours pas son maître, il opte pour le dernier
chemin et s’y rue sans flairer et retrouve son maître.
Il a fait preuve de déduction, il est donc doué de raison….
Il est tentant de penser qu’il pense comme nous, et d’expliquer
ses comportements comme si c’étaient les nôtres. Malheureusement
ça ne tient pas la route et le commode anthropomorphisme mène
à l’incompréhension, qui mène aux problèmes.
A une époque, j’avais 3 BA qui vivaient à l’intérieur
de ma maison où ils se disputaient un emplacement particulièrement
confortable. C’était à qui s’y mettrait le premier.
Arianne la femelle avait mis au point une stratégie pour jouir
de ce privilège : elle simulait l’arrivée d’intrus
en aboyant furieusement tout en amorçant une course vers l’extérieur,
mais le regard tourné vers l’emplacement convoité.
Systématiquement, Verdun et Olaf, les mâles, tombaient dans
son piège en quittant le fameux emplacement pour à leur
tour sortir se rendre compte, laissant vacante la bonne place aussitôt
investie par Arianne, tordue de rire (là, j’en rajoute un
peu). Je ne sais pas si elle était la plus intelligente, en tous
cas elle était la plus maligne.
Un stimulus d’apparence anodine mais qui précède systématiquement
une satisfaction, va être réactionnel (exemple : le bruit
des clefs associé aux sorties). Là où j’observe
des degrés d’ « intelligence », (peut-être
qu’acuité observatrice conviendrait mieux), c’est le
stade où le chien se déclenche (il réagit sitôt
que je me dirige vers les clefs, donc avant le bruit) etc. Un peu comme
les très bons joueurs d’échecs qui prévoient
plusieurs coups à l’avance.
Finalement notre forme d’intelligence nous permet-elle d’évaluer
la leur…
Dominique.
« Bonsoir Dominique,
merci pour la leçon - édifiante pour moi, mais pour Salam,
impressionnante au point qu’il a dormi sans manger, bon, il a l’air
bien, mais je me sens mal !
bonne soirée
Monika »
Bonsoir Monika,
Rassurez-moi, Salam a récupéré de ses émotions
?
Nous n’avons pas affaire à un bout de bois, et qu’il
soit réactif (y compris organiquement) est positif, à condition
que nous procédions à des ajustements afin que l’éducation
l’éprouve juste assez pour qu’elle lui soit bénéfique
sans dépasser les limites fixées par sa sensibilité.
Mais ne pas l’éprouver du tout, reviendrait à brasser
du vent.
Je vais vous faire une confidence : ce que je « fais » à
mes élèves, je ne le ferais pas à ma chienne. Mais
le sachant, j’ai tout fait pour ne pas avoir à lui faire…
Quand je vous écrivais que la frontière entre l’obéissance
et la cruauté est diaphane, je n’exprimais pas une vue de
l’esprit, et vous apportez de l’eau à mon moulin.
On ne peut pas dire que je prêche pour ma paroisse, et pourtant
mes méthodes sont les plus douces possibles, et Salam me fêtera
jeudi… vous, je sais pas !
Très bonne soirée.
Dominique.
« Bonjour, pour quelle raison mon chien… »
Cherchez, par l’observation attentive et la réflexion, à
comprendre le pourquoi de ses comportements, c’est là qu’est
le plaisir !
Un philosophe grec (dont le nom m’échappe), invité
à un dîner, empauma une odeur citronnée.
Il s’excita à en découvrir l’origine, lorsque
la servante lui signifia qu’elle émanait de la corbeille
à pain qui avait accueilli des citrons, quelques jours auparavant.
Cette servante fût congédiée sur le champ par le maître
de maison, pour avoir interrompu le plaisir d’un invité de
marque…
Dominique.
« Vous aider à développer la qualité de
la relation avec votre compagnon »
Dominique.
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